Mail adressé à François Bayrou et reçu par celui-ci le 20/10/08
Monsieur François Bayrou & Cher Président,
Je dois vous avouer ma totale circonspection à la lecture des différents messages que j’ai découverts ce matin en arrivant à mon bureau à la Mairie.
Vu les courriers que je vous ai personnellement adressés tout au long de ces dernières semaines, que ce soit, au siège du MoDem, ou à votre bureau de l’Assemblée Nationale ou à votre permanence de Pau (copies des accusés réception à votre disposition), je ne cesse de m’étonner de votre surprise apparente.
Il n’y a que deux possibilités à mes yeux : soit un certain nombre de personnes de votre entourage vous font de la rétention d’information, ce qui est grave convenez-en, soit vous n’avez sans doute, et je l’espère par manque d’informations complémentaires, pas voulu prendre acte en temps et en heure des alertes qui vous étaient formulées.
Le fait sur lequel je me permets d’attirer une nouvelle fois votre attention ce jour est que vous venez, involontairement ou non, de vous priver de toute une partie de votre « base », car élu(e)s et adhérent(e)s qui vous ont rejoint, l’on fait alors en toute sincérité, espérant de ce fait pouvoir jouer un rôle dans une politique « faite autrement. » Las ! Il n’en fut rien au regard des récentes manipulations flagrantes et dysfonctionnements divers constatés concernant la Seine & Marne.
Acteurs de terrains, les élus que nous sommes avons envie d’agir pour les valeurs et les idées que vous défendez lors de vos diverses interventions, mais force est de constater que l’escabeau de carrière dans le lit d’un passé qui aurait dû être révolu a été primé. Quelle tristesse !
Pour nous ! Mais surtout pour Vous, Monsieur le Président ! Là où vous possédiez un terreau de forces vives prêtent à se donner sans ménagement pour empêcher que la France aille là où ni Vous, ni nous, ne voulons qu’elle aille, il a été privilégié un pantouflage ubuesque lié à une non-prise en considération des enjeux et surtout un mépris des adhérentes et adhérents qui pouvaient oeuvrer pour une politique digne de ce nom, et avant tout, qui avaient une sincérité et une volonté qui constituaient pour vous et notre mouvement un vivier considérable.
Je vous pris de noter que pour perdre une élection il faut y participer, or les listes de « Démocrates de Seine & marne en Mouvement » ont été retirées avant le scrutin pour ne pas cautionner un simulacre de concertation interne que d’aucuns qualifient de parodie de démocratie, ce qui est, convenez-en, un comble pour un parti prônant la transparence.
Tout comme je vous ai alerté à plusieurs reprises, un certain nombre de responsables du MoDem l’ont également été, de M Le Hideux à M Vanlerenberg en passant par MM Artigue, Benhammias, Azière, Thérou, etc… Tous m’ont eu au moins une fois au téléphone et un mur de silence, de bottage en touche, de quasi omerta n’a pu hélas qu’être constaté.
A la veille d’élections qui pourraient être favorables au MoDem, européennes et régionales, les défections de troupes qui ne manqueront pas d’être effectives, si aucun signe fort de votre part ne vient, vont immanquablement se faire sentir.
Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les instances ont fait en sorte, sciemment ou non, que les divers courants n’aient pas de représentation alors qu’à l’origine c’est le souhait que vous aviez manifesté à maintes reprises. Souhait et démarche qui ont fait que, nous, entre autres les élus locaux, vous avons rejoint et apporté autant que faire se peut compétences, connaissances et énergie.
Dans cet esprit, je considère Monsieur le Président, et avec tout le respect que je vous dois, que le réel perdant de cette consultation ne sera sans doute in fine que Vous-même, car à n’avoir pas compris, toujours si tant est que vous ayez eu les informations en temps et en heure, que cette nouvelle base pouvait pour vous beaucoup plus que toutes ces personnes prêtes à se vendre au premier venu pour tout strapontin ayant comme assise la satisfaction passagère.
En mon âme et conscience d’élu, je me pose désormais la question de savoir à qui mon énergie et mes compétences vont bien pouvoir profiter. Car admettez que continuer à œuvrer pour un mouvement qui a ainsi bafoué les règles de la démocratie est un réel et difficile cas de conscience.
Or face aux enjeux proches, tel en ce qui nous concerne, le projet de « grand Paris » par exemple, il est clair, que nous, élus seine & marnais, nous ne pourrons pas ne pas participer au débat. Pour cela il nous faudra une couleur. N’étant prêt à « me vendre à n’importe qui », je constate dans l’environnement politique actuel que rien ne peut me satisfaire, et que le seul mouvement dans lequel je croyais retrouver mon éthique et mes valeurs, vient de me démontrer qu’il n’est en fait qu’un parti comme les autres, avec ses trafics d’influences, ses pressions personnelles, ses dysfonctionnements savamment organisés. Quel gâchis !!!
Je ne cesse de m’étonner, comparant la situation à 2007, où lorsqu’il s’est agi de trouver des candidats pour vous représenter aux législatives, nos téléphones personnels, de bureaux, nos portables, ont été aisément trouvés et utilisés, et là, alors qu’il y avait une réelle situation de crise à résoudre, alors que nous vous alertions de façon répétitives, personnes n’a pris la peine de nous « trouver. »
Monsieur le Président, Cher François Bayrou, vous pouvez encore retrouver cette base, faite d’élu(e)s locaux et d’adhérent(e)s qui sont aptes et prêts à agir dans le sens que vous souhaitez mais pour cela il vous faut faire un geste fort et digne d’un leader qui comprend les problèmes et est capable de faire entendre sa voix pour qu’un parti réellement démocratique voit enfin le jour.
Je n’ose croire que vous ne sauriez pas agir en ce sens maintenant que l’information vous est parvenue. Il n’est jamais trop tard pour redresser une situation. Faites nous honneur et rendez nous la confiance.
Me tenant à votre disposition pour tout dialogue direct comme je n’ai cessé de la formuler à chacun de mes courriers ;
Je vous prie de croire, Monsieur François Bayrou & Cher Président, en toute ma considération.

